[ C'était pourtant magnifique. Vraiment. ]
Je vous jure. Toutes ces couleurs. Ces bruits. Cette tour illuminée. Malgré tous ces gens autour. Malgré cette sensation d'étouffer réellement. Malgré ces pieds qui vous écrasent les mains à maintes et maintes reprises. Mais c'est rien, tu souris. Parce que c'est involontaire. Et que tu t'en fiches après tout. Cette impression que c'est le final à chaque instant. Mais non, ça reprend, de plus belle. Je vous jure. Et puis, après un verre, deux, puis trois... Après une bouteille, puis une deuxième. Tout est plus beau aussi non? La vie devient tout autre chose. La vie devient belle quand les choses commencent à tourner autour de toi. Elle change. Mais tu changes aussi. Tu oublies le reste. Tu n'es plus que là, tout de suite, maintenant. Il n'y a pas de après. Ni de avant. Alors tu profites. Tu souris. Tu ris. Devenue bien incapable de penser, à quoi que ce soit, alors tu panses. Tu panses tes journées à coup de bouteilles. Tu te rassures comme tu peux. Tu te noies un peu toute seule. Mais après tout, quel mal y a-t-il? Quand rien ne rime à rien, pourquoi ne pas s'offrir le plaisir de ces moments? Pourquoi continuer de penser au mal quand quelques verres suffisent à tout envoyer valser? Parce que tu bois et que tu emmerdes les gens. Parce que tout s'arrange avec quelques grammes dans le sang. Parce que c'est juste parfait dans ces cas-là. Parce que, des fois, tu prends peur quand tu vois la chute... Parce que tu la connais. Tu sais où ça t'a menée la première fois... Alors tu te dis que non. Mais c'est tellement bon. Et puis, c'est différent. Sûrement. Je vous jure. Toutes ces couleurs. Ces bruits. Cette tour illuminée. C'était tellement joli. A côté de tout ce gris. Oublions. Oublies. Oublie. Mais ne vous inquiétez pas. C'est juste un dernier pour la route...
[ C'était pourtant magnifique. Vraiment. ]
Parce qu'au final, c'est juste un peu toujours la même chose. Les mêmes mots qui tournent dans la tête. Les mêmes idées. Les mêmes pensées. La même merde. Alors tu essaies d'oublier. De passer à autre chose. De te dire que non. Tu pars. Loin. Dans ta tête seulement. Mais loin quand même. Pour ne pas voir l'évidence. Pour te voiler la face un peu. Tu te raccroches à un sourire. A cette seule fois où... Et puis non, c'est passé maintenant. Tu cherches tout et son contraire qui te rendrait aveugle le temps d'un instant. Sourd aussi. Par la même occasion. Tu cherches. Mais tu n'trouves pas forcément. Tu penses à cette chanson. A cette image. A cette phrase. A tout ce qui te permets d'oublier où tu en es aujourd'hui. Où tu en étais hier. Et où tu en seras demain. Parce que ça n'change pas beaucoup en réalité. Voire pas du tout. Tu stagnes. Tu te perds. Un peu. Beaucoup. A la folie. Tu te rappelles ce que tu as pu avoir. Et tu te rends compte de ce que tu as pu perdre. Mais surtout, ne pas y penser. Parce que c'est pas bien joli à voir tout ça après tout. Parce qu'au final, c'est juste un peu toujours la même chose. Ces mêmes mots. Ces mêmes idées. Ces mêmes pensées. Cette même merde. Mais chut. J'essaie d'oublier....